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Malgré le fait que Bouygues Telecom ait relevé par deux fois son offre pour s'emparer de SFR, Vivendi a sélectionné l'offre de Numericable.

Vivendi a finalement sélectionné l'offre de Numericable «suite aux résultats des négociations menées avec Altice/Numericable, dans le cadre de l’exclusivité réciproque».

«Au terme de débats approfondis, le Conseil de surveillance a décidé, à l’unanimité, de retenir l’offre d’Altice/Numericable qui correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, et répondant le mieux aux objectifs de Vivendi» a déclaré le groupe dans un communiqué le 5 avril 2014.

Selon Vivendi, l'offre de Numericable/Altice était plus intéressante en terme de qualité du projet industriel, de pérennité de l'emploi, de risque de concurrence et de valorisation pour Vivendi.

Le groupe explique ses arguments dans un communiqué : http://www.vivendi.com/presse/communiques-de-presse/vivendi-retient-loffre-dalticenumericable-sur-sfr/.

«Le Conseil de surveillance de Vivendi a choisi de recevoir 13,5 milliards d’euros à la réalisation de l’opération ainsi qu’un complément éventuel de prix de 750 millions d’euros, puis de pouvoir céder ultérieurement sa participation de 20 %. L’ensemble devrait représenter une valeur totale supérieure à 17 milliards d’euros» a précise le groupe.

Vivendi était entré en négociation exclusive avec Altice depuis le 14 mars dernier. 

Les deux nouvelles offres proposées par Bouygues Telecom n'ont donc pas réussi à changer la donne.

Pourtant Bouygues Telecom avait surenchéri à 13,15 milliards d’euros en cash et 21,5% du nouvel ensemble fin mars avant de proposer 15 milliards d'euros en numéraire et 10% du nouvel ensemble pour Vivendi vendredi 4 avril.

En terme de cash et de pourcentage du nouvel ensemble, la dernière offre de Bouygues était pourtant plus généreuse que celle choisie par Vivendi: Vivendi avait déclaré vouloir le plus de cash possible et la particpation la moins importante possible dans le nouvel ensemble. Par ailleurs l'offre de Bouygues était beaucoup moins appuyée sur des dettes financières que celle d'Altice/Numericable.

Mais il est vrai qu'avant la mise en place des négociations exclusives, Altice avait déposé une offre plus audacieuse à 11,75 milliards d’euros avec 32% du capital de la nouvelle entité contre 10,5 milliards pour Bouygues et 43% du capital.

Vivendi dopit cependant désormais consulter les instances représentatives du personnel sur le projet proposé par Altice/Numericable et initier les procédures d’obtention des autorisations des autorités administratives compétentes.

Le groupe doit par ailleurs rendre compte à l’Assemblée générale annuelle de ses actionnaires du 24 juin prochain des conditions dans lesquelles cette opération a été conduite.

De son côté, le ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg a indiqué qu'il «sera extrêmement vigilant sur les conséquences de la décision du groupe Vivendi d’accepter l’offre d’Altice et de Numéricable en ce qui concerne l’emploi à SFR et le plan d’équipement de la France en très haut débit».

Tout en ajoutant qu'il «redoubler de vigilance  sur le respect des engagements pris auprès de lui par Altice et Numéricable à ne supprimer aucun emploi postérieurement à la fusion, sous quelque forme que ce soit».

Le feuilleton du rachat de SFR n'est donc pas terminé...

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