Selon Freedom House, sur 65 pays analysés 32 ont subi une régression générale de la liberté du Net depuis juin 2016…

Selon Freedom House les plus importantes régressions ont eu lieu en Ukraine, en Egypte, et en Turquie.

En Ukraine, le gouvernement a bloqué des plateformes russes majeures, y compris le réseau social le plus utilisé du pays (VKontakte) et le plus gros moteur de recherche (Yandex), pour des raisons de sécurité nationale.

Les représailles violentes en cas d’activité en ligne ont pris le pays d’assaut, et un journaliste en ligne très connu a été tué dans une attaque à la voiture piégée. En Égypte, les autorités ont bloqué plus de 100 sites web, comme le réseau d’information basé au Qatar, Al-Jazeera, le site d’informations indépendant Mada Masr, et la plateforme de blog Medium. Des utilisateurs de réseaux sociaux ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour toute une variété de délits douteux, comme par exemple avoir insulté le président du pays.

Et en Turquie, des milliers de propriétaires de smartphones ont été arrêté, simplement pour avoir téléchargé l’application de communication cryptée ByLock, qui était disponible de façon publique sur Apple store et Google Play, parmi les accusations on retrouve que l’appli avait été utilisée par les personnes impliquées dans la tentative ratée de coup d’état en Juillet 2016.

La situation s’est également détériorée au Venezuela et en Arménie.

Le Venezuela est passé de statut de Partiellement libre à Non libre à cause de mesures répressives de plus en plus fortes contre les droits politiques et les libertés civiles suite à la déclaration du Président Nicolás Maduro en Mai 2016 de « l’état d’urgence économique exceptionnel » renouvelé en Mai 2017.

Le gouvernement a bloqué quelques sites qui proposaient une couverture en direct des manifestations contre le gouvernement en proclamant que ces sites « incitaient à la guerre ».

Des gangs armés ont physiquement attaqué des citoyens et journalistes en ligne qui tentaient de filmer les manifestations, tandis que l’opposition subissait une vague sans précédent de cyber attaques, qui provoquaient le blocage répétitif de leurs sites pour une durée indéterminée, ainsi que la désactivation de leurs comptes. En Arménie, pays qui est passé de Libre à Partiellement libre, la police a attaqué et empêché des journalistes et citoyens du net de diffuser en direct des manifestations antigouvernementales. Des milliers de personnes ont protesté en réponse à la mauvaise gestion de la police d’une situation de prise d’otages, pendant laquelle des employés gouvernementaux ont temporairement restreint l’accès à Facebook.

Aux Etats-Unis, la prolifération de « Fake News » a contribué à restreindre la liberté du net. La prolifération de « fake news » ou intox, surtout sur les réseaux sociaux, a atteint des sommets durant la période précédant les élections présidentielles de Novembre 2016, mais elle continue à inquiéter.

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Seulement 13 pays ont vu une amélioration de leur score de liberté du net. 

Dans la plupart des cas, les gains étaient limités et ne reflétaient pas de changements de caps plus importants.

En Libye, par exemple, plusieurs sites d’informations ont été débloqués, et contrairement aux années précédentes, aucun utilisateur n’a été mis en prison pour ses activités en ligne.

Au Bangladesh,  il n’y a pas eu de réitération des blocages temporaires des applis populaires telles que Facebook, WhatsApp, et Viber qui avaient eu lieu en 2015, malgré des inquiétudes quant à la sécurité suite à la confirmation de sentences de peine de mort contre deux leaders islamistes. Finalement l’Ouzbékistan, l’un des pays les plus restrictifs de cette étude, a connu une légère amélioration après l’introduction d’une nouvelle plateforme gouvernementale en ligne, conçue pour traiter les demandes publiques, incitant un meilleur engagement des citoyens.

Enfin le net a connu une prolifération de sources d’informations souvent non fiables comme les médias pro-gouvernementaux, les commentateurs payés par des gouvernements, les bots politiques, les fausses actualités concernant les élections ou les comptes piratés.

Les coupures d’internet sont également utilisés pendant des événements particuliers comme les élections afin de freiner les groupes d’opposition dans certains pays. Les vidéos en direct ont également été restreintes dans certains pays.

Le constat est au final sévère d’autant que si l’on ajoute les lois antiterroristes dans de nombreux pays, les internautes peuvent être suivis à la trace sous de multiples prétextes ce qui n’était pas possible auparavant.

Il est à noter par ailleurs que les internautes et les entreprises sont de moins en moins protégés.

De nombreux gouvernements s’intéressent de plus en plus à surveiller les citoyens et parallèlement les forces de police sont loin d’aider toutes les entreprises touchées par du spam, des manipulations des moteurs de recherche visant à bloquer la liberté de l’information, des attaques web/sql/os/malware, des spams de commentaires ou même des atteintes à la confidentialité des informations…

On constate chaque jour à des faits qui auraient été des scandales il y a à peine quelques années comme l’affaire récente sur les smartphones android : ces derniers pourraient obtenir et conserver les données de géolocalisation des internautes même quand le WiFi est éteint (voir www.zdnet.fr/actualites/oui-google-suit-la-localisation).

Le piratage en sous main des ordinateurs et portables est de plus en plus utilisé par certains gouvernements sous prétexte de lutte contre le terrorisme ce qui devrait à terme saper définitivement les démocraties.

Le rapport note cependant que des entreprises privées tentent d’offrir aux clients des mesures de sécurité améliorées. Google a fait part de ses intentions de déployer des protections supplémentaires contre les attaque “man-in-the-middle” sur son navigateur web Chrome. Certaines initiatives privées proposent également une protection gratuite pour les organes de presse et les sites de défense des droits de l’homme avec des moyens.

Plus d'informations: https://freedomhouse.org

Voir la traductioncomplète du raprot sur la liberté du net en français sur : https://fr.vpnmentor.com/blog/la-liberte-du-net-en-2017/

 

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