Yves Gassot a analysé à l'occasion du Digiworld Forum de l'IDATE, l'impact de l'élection de Donald Trump sur le secteur high-tech et télécom…

Dans son discours d'ouverture au Digiworld Summit, Yves Gassot le président de l'IDATE estime qu'une présidence et un congrès américain vont «stopper, voir inverse le mouvement de re-régulation engagé par le président démocrate et la FCC» au niveau du secteur des télécoms.

Cela concerne notamment selon lui:

. l'application des principes de la Net Neutralité et plus largement les dispositions contenues dans l' «Open Internet Order » qui outre les mesures anti-discrimination des telcos vis-à-vis des contenus, laissent une marge d'initiative à la FFC dans une régulation ex ante des tarifs d'accès à l'Internet (néanmoins jamais mise en œuvre) et un pouvoir de supervision des accords d'interconnexion telcos/OTT-CDN ;
. le projet de standardisation des set-top-boxes des cablos/telcos susceptible de faire sortir ces devices de la facturation des opérateurs et d'ouvrir le marché aux services de streaming ;
. la volonté de la FCC d'imposer aux ISPs (telcos/cablos) des règles de respect de la « privacy » de leurs clients à travers des dispositions de type 'opt in' ;
. le projet de l'agence d'encadrer les tarifs qu'imposent les telcos aux opérateurs alternatifs qui souhaitent accéder à leurs clients (professionnels) à travers leurs infrastructures.

«Tout ceci pourrait s'accompagner d'un projet de réécriture du Telecom Act signé en 1996 par le Président Bill Clinton» a-t-il estimé.

Cependant même si les républicains sont normalement plus favorables aux grandes opérations de fusions-acquisitions, Donald Trump paradoxalement «a pris position pendant la campagne en défaveur de la fusion AT&T-Time Warner» note l'IDATE.

Selon  l'IDATE, si cette opposition se confirme et est partagée par le DoJ et la FCC, on peut néanmoins envisager : a) qu'elle ne s'appliquera pas à l'autre opération significative en cours dans le secteur entre Century Link et Level 3 Communications ; b) qu'elle s'accompagne d'une réactualisation des projets de consolidation dans le secteur des mobiles (passage de 4 à 3). On verra alors remonter le cours de T-Mobile, soit que l'opérateur (contrôlé par Deutsche Telekom) soit de nouveau la cible d'AT&T, soit qu'une opération se dessine entre T-Mobile et Sprint (contrôlé par Softbank). Mais cela alors peut être vu comme un cadeau fait à des entreprises allemandes et japonaises... ; c) enfin d'autres opérations de consolidation peuvent être envisagées dans le wireline et le câble».

La nouvelle administration pourrait également favoriser et c'est là un point très important pour l'économie américaine le retour des bénéfices accumulés par les géants de la Silicon Valley à l'étranger.

«Trump se serait engagé à adoucir l'imposition de ces bénéfices à leur retour, à l'instar de ce qu'avait fait Bush Junior en son temps.  L'idée serait d'utiliser une partie de ces sommes pour des opérations publique-privée d'investissements dans le projet de USD 1000 milliards pour les infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, ...) promis pendant la campagne. Il reste à voir la part qu'auraient les télécoms et aussi les modalités des opérations PP qui leurs seraient proposées» a ajouté Yves Gassot.

Au final, même si les Républicains soutiennent traditionnellement les opérateurs télécoms et les acteurs de la Silicon Valley les démocrates, Trump a beaucoup utilisé les réseaux sociaux pour sa campagne. Le poids des géants de l'Internet est devenu tellement important dans l'économie américaine, que la nouvelle administration sera sans doute encline à favoriser ce secteur. Wait and See...

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