Le nouveau livre d’Asma Mhalla, Technopolitique, montre que les citoyens du monde vont devoir s’organiser face à des Etats qui s’allient à des grandes sociétés technologiques…
L’alliance des grands sociétés technologiques et de Etats a été très visible durant l’épisode du Covid et des dernières élections américaines.
Les grandes sociétés technologiques comme Facebook ou Google ont reconnu avoir été l’objet de pressions. Dans une vidéo annonçant une nouvelle politique dernbièrement, Mark Zuckerberg a déclaré : « Il est temps de revenir à nos racines la liberté d’expression sur Facebook et Instagram... Le gouvernement et les médias historiques ont poussé pour censurer toujours plus...Cela a été en grande partie politique...Les fact checkers ont été trop biaisés politiquement et ont détruit la confiance plus qu’ils n’en ont créée. Ce qui a débuté comme un mouvement visant à être plus inclusif a été utilisé pour faire taire des opinions et les gens ayant des avis différents et cela a été trop loin ».
Google a récemment remis en ligne des comptes YouTube qui avaient été censurés et le nouveau président de la FCC a déclaré vouloir « démanteler le cartel de la censure et restaurer les droits à la liberté d’expression ».
Le livre d’Asma Mhalla montre que l’alliance des « Big States » et des « Big Tech » peut être potentiellement redoutable pour la Démocratie. Ainsi en cas d’accord entre les deux parties, les réseaux sociaux, les moteurs de recherhe peuvent censurer, invibiliser de l’information ou mettre en avant une pensée unique.
Elle explique qu’il est nécessaire de redonner bien plus de pouvoir aux citoyens face aux états forts et aux grandes entreprises technologiques : « les nouvelles formes de conflits sont insidieuses, invisibles, rampantes se pensetn et se déploient en silence dans le temps long..La militarisation du monde est en train d’entrainer la militarisation des esprit et in fine celle de la Démocratie...Le corps social est devenu autant une cible qu’un enjeu ».
Il est donc nécessaire de repenser le poids des citoyens alors que les contre-pouvoirs comme la presse ou la justice s’avèrent de plus en plus faibles. « Politiser le citoyen signifie sécuriser sa principale interface de contact avec le monde, celle qui construit ou reconsrtuit la réalité » d’autant plus à l’ère de l’IA où il devient très simple de diffuser de fausses infromations en masse qui paraissent réelles ou de diffuser un avis massivement via des robots pour faire croire que cette pensée est déjà majoritaire.
Asma Mhalla pense que la Décmocratie vertivale est finie. On le voit bien avec les débats aujourd’hui en France. Cela passe notamment à l’école par un apprentissage technologique de point pour que tout un chacun puisse comprendre comment se construisent les récits via les réseaux. « Penser une cogouvernance ouverte multipartite, maulti-échelles , réviser le statut juridique des BigTech (elle parle de statut d’infrastructure publique sous format public-privé) sont autant de réponses possibles à l’éclatement de la souveraineté entre BigTech et BigStat d’un part; à la perte de souveraineté des petits pays technologiques et à la brutalisation de la power politicis ambiante d’autre part ». « A l’échelle nationale, la raisond ‘e^tre de l’État et ses pratique doivent être réimaginées autour d’une éthique nouvelle et de contre-pouvoirs plus robustes ».
Pour redonner plus de pouvoir aux citoyens on peut imaginer aussi la mise en place de référendums come en Suisse pour valider des choix importants. Alors que les contre-pouvoirs comme la presse ou la justice ont désormais bien moins d’influence sur les Etats et les GAFAM, il est urgent de redonner du pouvoir aux individus à l’image du modèle suisse.
Informations pratiques : Technopolitique, livre de poche 8,70 euros, édition du Seuil, Collection Points.
Intelligence artificielle, réseaux sociaux, implants cérébraux, satellites, métavers… Le choc technologique sera l’un des enjeux clés du xxie siècle et les géants américains, les « BigTech », sont à l’avant-garde. Entités hybrides, ils remodèlent la morphologie des États, redéfinissent les jeux de pouvoir et de puissance entre nations, interviennent dans la guerre, tracent les nouvelles frontières de la souveraineté. S’ils sont au cœur de la fabrique de la puissance étatsunienne face à la Chine, ils sont également des agents perturbateurs de la démocratie. De ces liens ambivalents entre BigTech et « BigState » est né un nouveau Léviathan à deux têtes, animé par un désir de puissance hors limites. Mais qui gouverne ces nouveaux acteurs privés de la prolifération technologique ? A cette vertigineuse question, nous n’avons d’autre choix que d’opposer l’innovation politique !
S’attaquant à tous les faux débats qui nous font manquer l’essentiel, Asma Mhalla ose ainsi une thèse forte et perturbante : les technologies de l’hypervitesse, à la fois civiles et militaires, font de chacun d’entre nous, qu’on le veuille ou non, des soldats. Nos cerveaux sont devenus l’ultime champ de bataille. Il est urgent de le penser car ce n’est rien de moins que le nouvel ordre mondial qui est en jeu, mais aussi la démocratie.
Docteure en études politiques, Asma Mhalla est chercheure au Laboratoire d’Anthropologie Politique de l'Ehess. Politologue spécialiste des enjeux politiques et géopolitiques de la Tech et de l’IA, elle conseille gouvernements et institutions dans leur politique publique technologique. Elle a produit et animé, à l’été 2023, l’émission « CyberPouvoirs » sur France Inter qui a été très remarquée.
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